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Exposition : « Paulin, Paulin, Paulin » à la Galerie Perrotin

PierrePaulin

Pierre Paulin est sans hésité l’un des plus grands designers français du 20ème siècle. Le Mushroom (1960), l’Orange Slice (1960), le Ribbon (1966) ou bien encore le Tongue (1967) sont des icônes du design connues de toutes et tous. Représentatifs de la fin d’une époque, d’une société en plein renouveau culturel et économique, les sièges de Pierre Paulin interpellent autant qu’ils séduisent. Ils épousent avec perfection les formes du corps humain grâce à une recherche innovante des courbes et des matières (tissu élastique et mousse de polyuréthane) permettant ainsi un confort unique. Les créations signées Paulin demeurent donc intemporelles !

L’entreprise familiale Paulin, Paulin, Paulin est fondée en 2008 avec pour objectif de valoriser l’oeuvre du designer. Elle produit alors diverses séries limitées et créations inédites grâce à des prototypes en bénéficiant de l’aide des meilleurs artisans et l’expertise de Michel Chalard, proche collaborateur de Pierre Paulin. La société participe également à la création et l’organisation d’événements en hommage au designer. C’est dans ce contexte que l’exposition située à la Galerie Perrotin a vu le jour.

GaleriePerrotinLa très belle galerie parisienne du 3ème arrondissement présente ainsi depuis le 22 octobre et ce jusqu’au 19 décembre 2015 l’exposition « Paulin, Paulin, Paulin ». Des créations jamais éditées produites en édition limitée par l’entreprise familiale, dialoguant avec des œuvres contemporaines remarquables (César, John De Andrea, Tara Donovan, Bertrand Lavier, Laurent Grasso…).

Lorsque nous arrivons dans la jolie cour de la galerie, nous ne pouvons qu’être impressionnés par la beauté des lieux ! Dès la première porte franchie, nous sommes rapidement plongés dans l’univers de Pierre Paulin et des artistes contemporains.

La première pièce met en évidence les fauteuils « Iéna » et le tapis « Jardin à la française », une commande du Ministère de la Culture et du Mobilier national pour l’aménagement de la grande salle hypostyle du Palais Iéna en 1986. Les motifs géométriques des sièges renvoient aux plafonds à caissons et s’adaptent ainsi à l’architecture imposante du Palais. On retrouve également la table « Cathédrale » (éditée par Artcurial en 1981) qui est considérée comme un chef-d’oeuvre puisqu’elle allie des courbes inspirées de l’architecture gothique à la rigueur de l’ingénierie.

Les mobiles de Xavier Veilhan s’inspirent de différentes disciplines (architecture, design, musique, cinéma etc) et s’accordent parfaitement aux fauteuils vintage.  Les huiles sur toiles accrochées sur les différents murs sont signées Mike Bouchet. Elles présentent les paradoxes de la vie moderne et confrontent ainsi la vie attrayante de la société de consommation aux dérives et excès qu’elle engendre pourtant. Ses œuvres sont provocantes et fortes, elles ne peuvent laisser indifférentes.

La jeune femme que l’on voit sur le tapis est une sculpture particulièrement troublante par son degré de réalisme. John De Andrea, artiste américain, réalise ces figures féminines nues grâce à des moules sur modèles vivants. Il travaille par la suite la peau aux polychromes afin de reproduire avec justesse les grains de beauté et cicatrices.

Jardinalafrancaise-Paulin

La photographie de Candida Höfer (2005) représente la Grande Galerie du Musée du Louvre et les banquettes « Borne » de Paulin.

Louvres-BanquettesBornes

PierrePaulin-ensembleduneL’univers de la seconde pièce est plus minimaliste. L’ensemble « Dune » (1970) de Pierre Paulin en occupe une grande partie, une façon d’insister sur le caractère imposant de cette grande structure en bois recouverte de mousse et textile. Imaginée en 1970, commandée par Herman Miller dans le cadre d’un programme résidentiel, cette création a pour objectif de combiner plusieurs éléments : il est ainsi possible de les associer et de les disjoindre comme bon nous semble, en fonction de nos envies. Les prototypes ont été montrés pour la première fois en 2014 par Paulin Paulin Paulin et Louis Vuitton au cours de la Design Miami. La sculpture de John De Andrea souligne les courbes sensuelles de l’ensemble. L’oeuvre située à gauche est de l’artiste vénézuélien Jesus Rafael Soto, figure emblématique de l’art cinétique. Ce tableau joue sur la superposition de plusieurs éléments offrant un effet de vibration optique. La mosaïque de miroirs nommée Groupe 5 (2010)  s’inspire quant à elle de l’art islamique mais également de l’art moderne. Monir Shahroudy Farfmanfarmaian joue sur l’abstraction de la texture et de la surface, de la lumière et de la réflexion, de la couleur et de la forme. Une alliance entre inspirations modernes et traditionnelles (tentes nomades et minarets).

 

La troisième pièce présente « La Déclive » (1966) de Pierre Paulin. Une création réalisée grâce à une sucession sérielle de lames de bois recouvertes de mousse, reliées entre elles par deux colonnes vertébrales en aluminium ce qui permet une véritable articulation solide tout en offrant une illusion d’apesanteur. Seuls deux prototypes existent dont un présent dans les collections du Musée national d’art moderne. A la fois mobilier et sculpture, cette oeuvre de Pierre Paulin est particulièrement subjuguante.

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Le fauteuil « Tongue » est placé sur un meuble de plans et joue sur l’idée de patrimoine culturel et sur le statut de ready-made. Cette oeuvre est réalisée par Betrand Lavier et s’intitule « Paulin/Planokind ».

La quatrième et dernière pièce est particulièrement belle et esthétique grâce à son jeu sur les lumières et sur les effets d’optique. Le « tapis siège » (1970) de Paulin se trouve au centre. Il a été conçu dans les mêmes conditions que l’ensemble « Dune » puisqu’il répond aux mêmes attentes et objectifs. L’oeuvre que vous pouvez observer à droite est signée Laurent Grasso et se nomme Anechoic Wall (2015). Issue d’une série, elle souligne l’intérêt de l’artiste pour les matières acoustiques et emprunte différentes formes et matériaux comme ici le cuivre. Elle capte et reflète le son mais également la lumière. La seconde oeuvre présente, « Silver-Fan » (1966/2014) d’Heinz Mack, joue sur les effets d’ombres et de lumière à travers la tridimensionnalité. Elle transforme et reflète son environnement.

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Les deux tableaux « Drawing (Pins) » (2015) de Tara Donovan sont particulièrement beaux. Composés de milliers de tiges d’acier nickelé enfoncées dans du carton mousse et disposées en dégradés, ils offrent un effet d’optique et jouent sur la réflexion de la lumière.

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Au cours de la visite de cette belle exposition, nous avons pu découvrir des pièces inédites de Pierre Paulin dans un environnement original et unique ! Si vous êtes passionnés de mobilier design et vintage et d’art contemporain, nous vous recommandons donc vivement d’aller faire un tour à la Galerie Perrotin.

Contact
Galerie Perrotin
Entrée libre
60 Rue de Turenne, 75003 Paris
01 42 16 79 79
www.perrotin.com